Je rentrais au lycée. Je hais ce bâtiment. J'étais en avance. Seul l'intello de la classe était là entrain de relire ses cours. Moi, je ne pensais qu'à partir.
De loin j'aperçu Johannes avec ses amis. Il me regardait... bizarrement.
Johannes - Toi !
Il me pointait du doigt et s'approcha de moi.
Johannes- Je n'ai pas oublié ce qu'il s'est passé hier soir. Tu es une fille complètement dérangée. Normal que personne n'ose venir te parler.
Il se releva et coupa court à la discussion car le prof était là. De mon bureau je pouvais voir toute la classe. J'observais chaque personne. Gros cliché présent : Les intellos devant et les cancres derrière. Classique. Je ne vis même pas la matinée passée. J'étais à mon dernier cours. Je n'avais pas été en retard aujourd'hui simplement parce que j'avais deux heures de cours dans la matiné. Il ne restait que Cinq petites minutes. Dehors il avait commencé à neiger. Sur le parking, je pouvais voir Andréas près de la moto à m'attendre.
Une fille avait remarqué que je regardais Andréas.
Ute - Eh la gouinasse ! Ce n'est pas une nana ce mec ! Intéresse-toi plutôt à autre chose !
Je rigolais. Ca je le savais qu'Andréas n'était pas une nana. Et mieux que personne ici. Ce genre de personne me fait rire. C'est le genre à vouloir critiquer une personne, pour faire comme les autres. Ou comme '' Eh! Regardez-moi! Moi aussi, je sais critiquer les personnes ! '' . Bref des gens pathétiques.Ca venait de sonner, avec un soupir de soulagement, tous le monde se leva. Malheureusement, la principale entra dans la classe juste sur le dernier coup. Barrant le chemin à Johannes et lui demandant de se rasseoir.
Principale - Je viens vous présenter une nouvelle élève. Elle nous vient du nord, et malgré cette neige, accueillez là chaleureusement * Rire*.
Une fille entra dans la classe, elle semblait encore plus blasée que moi. Elle avait des cheveux bruns coupé au carré et décoiffés. Elle portait un jean sombre et un tee-shirt avec le logo peace&Love dessus.
Principale - Voilà, je vous présente Elfi. Elfi, ne te laisse pas faire par ces sauvages. Dans l'ensemble, ils sont gentils.
Elfi, chercha une place. La seule qui restait était à côté de moi, ou à côté de Suse, sa meilleure amie était malade. Quand je la vis approcher de ma chaise je balançai mon sac dessus. D'un coup de pied, elle le fit tomber et installa le sien. Je regardai son visage et vis un piercing briller en dessous de sa lèvre. J'étais finalement confiante, elle me ressemblait un peu, et avait de la gueule.
Tout le monde parti petit à petit.
Je pris une voix grave.
Moi - Bon, ben bienvenue. Ca ne sert à rien de stagner ici. C'est l'heure de manger. Ramène-toi, on va au self.
Nous sommes descendues jusqu'au Self en silence. Elle ne parle pas. Tant mieux, je n'ai pas envie. J'aperçois Andy vers le passage du self. Il me fait signe.
Moi - And', Elfi. Elfi, And'.
Je me dirigeais vers l'intérieur du self. J'entendis juste Elfi dire un bref salut à Andréas. Nous nous sommes installés à une table, et nous avons commencé à manger en silence. Je regardais Andréas. Il regardait Elfi du coin de l'½il, qui elle avait ses écouteurs.
Une main s'abattis sur mon épaule. Je reconnu Johannes.
Johannes - Alors, comme ça on tient compagnie à ma cousine ?
Cousine ? Je regardais Elfi. Elle n'avait pas bougé. Elle alla pour prendre le pichet quand elle remarqua Joha... son cousin.
Elfi - Ah toi... Qu'est-ce que tu veux ?
Elle regardait à peine Johannes.
Johannes - Rien. Voir pourquoi tu te ramènes ici.
Elfi - Tu demanderas à ta tante. Tire-toi maintenant.
Sa façon de parler me rappelle celle de son cousin. Direct. Blessant. Elle reprit sa fourchette et continua de manger. Andréas me regardait en me demandant si je le savais. Je lui faisais signe que non.
Johannes - Dis Elf', tu savais qu'elle est gouine elle ?
Moi - ''Elle '' a un prénom, abruti.
Elfi - Je m'en fous. Et puis qu'est-ce que ça peut te foutre toi hein ? C'est bien la première fois que je vois une nana te tenir tête, au lieu de te tomber dans tes bras. Vire de là.
Elle disait tout ça en me regardant. Ses yeux bruns foncés, presque noirs, me transperçaient, lisant en moi. Rapidement, elle détourna le regard et dit à son cousin.
Elfi - T'es toujours là ?
Il la regarda et parti rejoindre son groupe. Elle le suivi des yeux, puis revint vers moi.
Elfi - Eh ! Sa copine, c'est la blonde c'est ça ?
Moi - Ouais. Une vraie Conne.
Elfi - Je me demande comment ça se fait qu'il soit de ma famille. Il a un si mauvais gout. Beurk.
Elle fit une grimace de dégout, ce qui arracha un rire à Andréas. Et moi un vague sourire.
Le fait qu'Elfi soit la cousine de Jo m'ennuyait un peu. Je ne voulais pas avoir affaire, de près ou de loin, avec la famille Halbig. La main que Jo avait posée sur mon épaule était dure. Vraiment celle d'un homme, avec quand même une délicatesse. Doux, je pense qu'il peut l'être. Et l'endroit où il l'avait posé me brulait encore. Quand j'ai volé son baiser le soir où ma moto est tombée en panne, j'ai adoré l'embrasser. Pas seulement parce que c'était contre sa volonté, mais parce que c'était bon.
Je secouai ma tête, comme pour me sortir de mes pensées. Je regardai mon assiette, plus rien ne me donnait envie. Je me levai, pris mon plateau, Andréas me retins, m'implorant de manger encore. Fidèle à mon habitude, je ne répondis pas. Ces derniers temps j'avais perdu pas mal de poids, rien d'inquiétant : j'avais déjà connu pire. Et à part lui, personne ne fais très attention à mon corps, dernièrement, il était la seule personne avec laquelle j'exerçais un pratique sexuelle. Je jetai le contenu de mon plateau dans la poubelle. Quand je me retournai je vis Andréas prendre le menton d'Elfi, lui chatouiller l'oreille avec des mots, puis l'embrasser tout doucement.
Johannes me regardai de sa table et je faisais pertinemment tout pour faire semblant de ne pas le voir. Il regarda vers notre table et vis donc le baiser inattendu. Il prit un vers d'eau le bu doucement. Avant de le reposer, et de crier en ma direction.
Johannes – TOUTE SEUUULE. JILL DE TOUTE FACON MA COUSINE N'AIME PAS LES FILLES !! :D
J'envoyai valser mon plateau, qui atterri sur le sol avec fracas. Je m'approchai dangereusement de Jo, qui se leva aussi. Je m'arrêtai à un bon mètre de lui (il était plus grand, je ne me voyais pas le prendre par le col et le plaquer contre le mur.) Je rassemblai tout le calme qui me restait.
Moi – Une bonne fois pour toute tu va arrêter de me prendre pour une lesbienne.
Johannes – Refoulée, peut être ?
Un grand sourire avait fait place sur son visage et tout son groupe avait le même. Il se retourna pour s'assoir, n'y tenant plus, je sautai sur son dos en essayant de le frapper par endroit. Il se débattait, et une force vint me tirer par derrière. Suse me ceinturait, elle m'avait bondi dessus. Je réussis à me défaire de son emprise. Elle tira sur mes cheveux, et chacun de nos gestes étaient dirigés dans l'unique but de faire du mal à l'autre. Elle avait mis son pied devant le mien et quand je marchais je buttai dessus. Plusieurs fois j'ai réussit à me retenir ... Jusqu'à finalement tomber.
Elle me regardait avec des yeux battants, presque victorieux. Je ramassai le plateau que j'avais fait précédemment tombé et lui lança dans les reins, j'entendis craquer lourdement dans son dos. Elle cria de douleur. Un cri aigu. Elle soufrait atrocement et son visage se tordait.
Je n'avais plus la force de ma battre, on nous avait séparées, un surveillant s'était interposé, avait pris Suse dans ces bras, cherchant vainement à comprendre. Moi aussi j'étais dans les bras de quelqu'un, et je pleurais. C'en était trop en deux jours. Je demandai juste la paix. Je me retournai dans les bras de l'homme qui me tenait, et pleura sur son torse. De grosse larme dégringolèrent, mon maquillage coulait salissant son tee-shirt. Je sentais le corps dur de Johannes contre le mien. J'étais dans ces bras, je n'avais plus la force de me dégager. Andréas et Elfi étaient venus constater les dégâts. Andy me pris du brun doucement. Je pleurais toujours, mon corps secoué de spasmes violents. Il me souleva sans grande difficulté, et sorti du réfectoire.